Edito

Qu’est-ce que le « FUTUR COMPOSE » ?

Depuis quelques années, des établissements spécialisés dans l’accueil de jeunes autistes, se sont organisés en réseau (Région parisienne).

Ils ont mis des idées et des moyens en commun, souvent en créant des associations culturelles. Cette démarche n’a cessé de s’enrichir et d’impliquer de nouveaux partenaires (malades et handicapés, professionnels, quelques familles, artistes et célèbres ou inconnus, partenaires administratifs et financiers).

Ces associations sont extrêmement vivantes. Elles ont ouvert de multiples ateliers (théâtre, danse, musique, arts plastiques, journalisme). Elles ont aussi organisé des rencontres et manifestations publiques inédites, dans des lieux prestigieux ou tout à fait marginaux, en France et à l’Etranger. Les jeunes handicapés sont constamment au centre de ces activités.

Il ne s’agit pas seulement de rendre possible leur accès à la culture, mais de leur permettre d’être véritablement acteurs dans le champ culturel.

Le Futur Composé n’a pas pour vocation de gommer leur différence mais de la valoriser par une série d’événements inédits. Il veut aussi rassembler ces nombreuses initiatives, afin de les présenter à un plus large public, regrouper les pièces du puzzle pour le rendre plus intelligible et plus intelligent sur le plan conceptuel : c’est-à-dire plus efficace pour dynamiser des expériences de ce type (qui demeurent trop rares en France)

Pour le festival, dont le premier a eu lieu en l’an 2000, une dizaine d’associations et une trentaine d’institutions spécialisées fédèrent leur énergie.

Il s’agit de contribuer à faire évoluer le regard habituellement porté sur les autistes, empreint de nombreux préjugés. Un de ces préjugés extrêmement courants, y compris chez les professionnels, consiste à penser qu’une méthode privilégiée (psychothérapique, chimique, pédagogique, sociale, voire une pratique artistique) peut suffire à répondre aux besoins ou aux problèmes des autistes.

Cette vision est évidemment réductrice ; notre humanité se définit en effet par une grande diversité de nos besoins matériels et intellectuels.

L’ensemble des pratiques culturelles réunies par ce festival s’adresse, au quotidien, à un grand nombre de jeunes artistes. C’est l’accès à cet ensemble qui peut réellement avoir un certain poids dans leur vie. Cela ne les guérit pas, même si parfois des progrès spectaculaires passent par là, mais cela leur permet d’entrer un peu dans la communauté sociale.

Si nos équipes soignantes et éducatives soutiennent et accompagnent avec une telle attention ces expériences culturelles c’est parce qu’elles n’oublient pas une évidence parfois un peu délaissée par les milieux sanitaires : si une personne n’est pas en mesure d’intégrer un tant soit peu sa communauté sociale, celle-ci est par définition dans l’impossibilité d’accompagner cette personne.

Enfin, le Futur Composé a pour objectif de favoriser l’ouverture de lieux où ces jeunes adultes puissent participer à des activités culturelles en tant qu’amateurs ou professionnels.

En réalité, nombreux sont ceux qui, parmi nos concitoyens seraient prêts à aider ces jeunes gens en grande difficulté. En revanche, il est plus difficile d’accepter de recevoir quelque chose d’eux. Vaincre cette difficulté constitue l’objectif principal de notre démarche.

Les artistes qui au cours de ces dernières années ont fait un bout de chemin en compagnie de ces jeunes ont pratiquement tout insisté sur le fait qu’ils avaient d’avantage reçu que donné. Parmi eux : Marc Lavoine, Howard Buten, Philippe Starck, Margerin, Di Rosa, Shirley et Dino, Tryo, Grand Corps Malade, Yvan le Bollock, Sandrine Bonnaire, Méziane Azaïche Natacha Amal, Hyppolite Girardot, Guem, Tilly, Julia Kristeva, Anne-Sophie Lapix, Christophe Dominici,   etc…

Nous souhaitons que pour chaque festival, le public partage le sentiment de ces artistes.

Docteur Gilles Roland-Manuel, fondateur du Futur Composé