Partenaires

Témoignages et soutiens

Des professionnels engagés aux côtés du futur composé

Howard Buten, clown «Buffo» et psychologue clinicien

« L’autisme. Il s’agit d’un des plus grands mystères du monde. Personne ne le comprend. En face des autistes, personne ne sait véritablement comment s’y prendre. Cette incompréhension permet à nous tous d’exercer le seul geste dont tout le monde est capable : le respect sans condition. »

Meziane Azaïche, directeur du Cabaret Sauvage

« Ma rencontre avec l’association Futur Composé date de plusieurs années, à l’époque du premier festival. J’ai eu d’abord un véritable coup de coeur pour ces femmes et ces hommes engagés dans un projet aussi humain. Leur énergie communicative, le temps et l’amour qu’ils donnent aux autistes avec qui ils travaillent m’ont tout de suite bouleversé. Puis en rencontrant ces autistes, j’ai découvert un univers que je ne connaissais pas, des gens pleins de sensibilité et véritablement dans le désir de communiquer. Je n’aurais jamais imaginé que je puisse partager autant de choses avec eux. Quand on arrive à partager avec ces hommes et ces femmes, c’est tellement sincère et riche, que l’on n’a qu’une envie, celle de continuer l’aventure. »

Natalie Dessay et Laurent Naouri, chanteurs lyriques

C’est avec le plus grand enthousiasme que Natalie et moi-même acceptons de soutenir, de ‘parrainer’ l’ambitieux projet de l’association du Futur Composé 2012. J’ai moi-même pu, en me joignant par deux fois en concert à la Chorale d’Al, constater à quel point, littéralement insoupçonné, la musique permet d’établir entre les autistes et les non-autistes ce pont qui nous permet de communiquer, d’être enfin ensemble. Comme si, l’écoulement du temps ne dépendant plus de nous, nous étant imposé par une instance extérieure, la musique, nous pouvions enfin habiter avec la même conscience, le même présent. J’ai pu parmi eux, identifié certains musiciens tout à fait exceptionnels, montrant parfois d’une acuité d’écoute que nous autres, musiciens professionnels, pourrions bien leur envier.(…) Natalie, présente Salle Gaveau, lors de notre premier concert ensemble, était tout aussi surprise et émerveillée que je pouvais l’être et c’est pourquoi ensemble, nous apportons tous nos encouragements à l’association du ‘Futur Composé’.

 

TÉMOIGNAGE D’UN ÉDUCATEUR SPÉCIALISÉ QUI A ACCOMPAGNÉ UN JEUNE TOUT AU LONG DE L’ANNÉE POUR LA PRÉPARATION DU SPECTACLE BLANCHE NEIGE

Cette belle aventure a commencé par un casting au mois de novembre 2013. Pour S., le jeune que j’accompagnais et moi même, il s’agissait de nos premiers pas dans l’univers théâtral. Il avait dû se mettre une certaine pression car il s’y était présenté habillé sur son trente et un. J’avoue avoir moi aussi eu un certain trac. C’est quelque-chose qui m’a toujours attiré tout en ressentant une gêne à « m’exposer » devant des inconnus… Les répétitions ont ensuite vraiment démarré au début de l’année suivante. Les exercices proposés se sont avérés très ludiques et ont pu mettre tout le monde à l’aise. S. est rapidement sorti du lot. Sa gestuelle particulière et son style très « dandy » ont très vite attiré l’œil du metteur en scène Olivier Couder et de son assistante Cécile. Néanmoins, les rôles n’étant pas encore distribués à cette période là, S. avait encore du mal à s’impliquer réellement et mémoriser les petits textes qui lui étaient proposés. Il aura fallu attendre la présentation de la scène du Monfort en maquette, magnifiquement animée par l’accessoiriste que l’on pourrait comparer à Gepeto. Il était plein d’objets pour présenter et faire vivre cette scène miniature. Cela a plu à tous, aux jeunes comme aux accompagnants. C’est en effet à partir de cet instant que S. a compris qu’il allait se produire sur une grande scène devant un public important. Au vu de ses difficultés, la perspective d’être mis en avant l’a donc plongé dans l’aventure.

Le planning des répétitions intensives était établi! Elles se sont déroulées dans des lieux atypiques comme « le carreau du temple » ou un chapiteau de cirque. A chaque fois la scène du Monfort y était reproduite à une échelle moindre et chacun a pu prendre la mesure de son rôle. Nous étions vraiment considérés comme des acteurs à part entière. Olivier Couder dirigeait la troupe avec la rigueur qu’implique la réalisation d’un tel spectacle. Le talent de S. se révélait chaque jour un peu plus. Il parvenait à faire évoluer son personnage grâce aux conseils de mise en scène mais aussi grâce à sa partenaire de scène qui fait partie du Théâtre du Cristal. Bien sûr, mon rôle d’éducateur était bien présent malgré le plaisir que j’éprouvais moi même à me prêter au jeu. C’était la première année de S. à l’IME. Il m’a demandé beaucoup d’attention. Ses stéréotypies et sa volonté permanente d’aller à la rencontre des gens, pas toujours de façon très adaptée influaient beaucoup sur sa concentration et son application pendant les répétitions. Il m’a donc fallu lui rappeler le cadre à plusieurs reprises lors des séances.

Puis est venu le temps d’investir le théâtre Monfort. Là encore, nous avons été accueilli comme une véritable troupe de théâtre! Nous avions nos loges, le personnel au petit soin qui veillait à ce que l’ensemble des acteurs ne manque de rien. Il y avait aussi des maquilleuses pour nous faire des têtes qui collent au personnage. Pour moi, ce moment était très agréable! La gentillesse de ces professionnelles et leur expérience y étaient pour beaucoup. C’était un peu comme « le calme avant la tempête » ou un dernier moment de douceur avant de s’exposer au public. S. devait parfois y retourner une ou deux fois pour des retouches. Sa manie de toucher tout et n’importe quoi pouvaient lui laisser quelques traces sur les joues… Ensuite nous pouvions découvrir ce que cela faisait de monter sur scène. Prêts en coulisse, derrière le rideau, à entendre le brouhaha du public un nœud au ventre qui s’appelle le trac. Puis les répétitions avaient été tellement précises que l’on déroulait nos séquences concentrés sur notre tâche sans finalement se sentir inhibés par la salle. Et au fur et à mesure des représentations, le nœud s’est dénoué et j’ai réalisé que les spectateurs devaient être des complices. J’ai compris pourquoi les pièces en générale évoluaient au fil du temps. C’est un jeu et prendre du plaisir sur scène doit se transmettre aux gens qui nous regardent nous amuser.

Si ce spectacle a eu du succès, c’est que tout le monde a pris du plaisir. Ce qui est rassurant pour l’éducateur, c’est de constater que chaque jeune est mis en valeur. Leur travail intense de plusieurs mois était montré et reconnu du grand public. Une grande complicité s’est créé entre tous. Cette solidarité née de nos nombreuses rencontres, l’exemple donné par ces jeunes gens atypiques nous a fait nous sentir comme membre d’une équipe. Une équipe qui ne dissocie pas les handicapés de leurs éducateurs ou des comédiens professionnels. Et ce qui en sortait des commentaires à la fin des représentations.

Cette édition du Futur Composé a représenté une véritable aubaine pour S. Il a clairement découvert une vocation et son talent s’y prête! Sa complicité avec les acteurs du « Cristal » était bien réelle et sa scène avec une d’entre elle le prouve bien. Lui n’avait aucune appréhension de la scène, au contraire! Il y a surtout pris un réel plaisir et c’est là le plus important. Ses prestations ont été remarquables et remarquées! Sa grande angoisse, c’était de réaliser que les représentations qui s’enchainaient nous rapprochaient de la fin de l’aventure. Son retour à la vie « normale » a d’ailleurs été compliqué. Aujourd’hui, il m’en reparle beaucoup et me demande s’il va revoir certains. Sa chance, c’est qu’on ait pu voir ce talent dès sa première année à l’IME et pouvoir faire de son intégration au Théâtre du Cristal un objectif réalisable pour sa sortie. C’est extrêmement rare vu la difficulté aujourd’hui pour ces jeunes gens de trouver une place dans un établissement pour adulte. A nous maintenant de lui proposer des projets qui pourraient lui permettre d’intégrer un jour cette structure. Il est jeune et il a le temps pour ça. Il a encore beaucoup de progrès à réaliser. Mais encore une fois, malgré ses difficultés, cette aventure lui a procuré beaucoup de plaisir! Pour moi aussi, professionnellement et personnellement. Accompagner au quotidien S. a été éprouvant car il a besoin de beaucoup de cadre et d’attention. Mais dans l’instauration de la relation, la posture éducative à garder alors qu’on donne forcément de soi dans le théâtre, cela a été très enrichissant. De même que voir fonctionner d’autres éducateurs, des manières de faire différentes. Nous avons réussi à instaurer une réelle complicité entre nous et rapidement un relais s’est créé naturellement. Enfin, j’ai fait mes premiers pas au théâtre et j’en suis fier! Mathieu Marmont, éducateur spécialisé à l’IME Bourg la Reine (92), fait le 20/09/2014


TÉMOIGNAGE D’UNE MÈRE D’UN JEUNE QUI PARTICIPAIT AU SPECTACLE BLANCHE NEIGE

Dans l’article 1er de la Déclaration des principes sur la tolérance (UNESCO-16 novembre 1995) il est écrit :

«La tolérance est l’harmonie dans la différence ».

C’est l’essence même du Festival du Futur Composé !

C’est la mise en commun de nos spécificités qui fait la richesse de notre société et qui permet de faire évoluer nos modes de pensée, d’un point de vue personnel ou collectif.

La participation de notre fils au Festival du Futur Composé 2014 nous a apporté d’intenses moments de bonheur, un changement total de notre regard vis-à-vis de l’autisme, d’Erwan, de sa prise en charge, de son devenir !

Après avoir été enfermés (Erwan, ses parents, son frère) pendant des années dans la discrimination, le rejet social, la dévalorisation… Nous avons réalisé et Erwan en premier a pris conscience qu’il est capable  de faire de grandes choses « malgré » ou « grâce à » sa différence.

Le résultat a été pour lui, pour nous, pour toutes les personnes avec lesquelles nous avons partagé ce Festival 2014, source d’apaisement, d’épanouissement, d’acceptation, de regard positif vers l’avenir.

Travailler avec des comédiens professionnels, lui permettre de découvrir et de révéler ses capacités cachées au fond de son être, de dépasser ses peurs, être pris en compte en tant que « personne », reconnaître et donner une place à sa « différence » (au lieu de vouloir la réduire) a été un formidable catalyseur:

Erwan est aujourd’hui transformé, épanoui, heureux, capable d’affronter de nouveaux défis, plus ouvert à la communication et à l’expression de ses ressentis.

Les handicaps, les TSA ne doivent plus être perçus ou vécus de façon négative, comme un fardeau tellement lourd à porter qu’il finit par vous empêcher de vivre au sein de la société, mais comme une richesse « extra »ordinaire à partager.

Présenter un spectacle qui met en avant les efficiences et non les déficiences de personnes atteintes d’autisme mérite d’être connu, reconnu, soutenu, valorisé, développé, car c’est le seul moyen pour parvenir à changer les mentalités, changer le regard négatif imposé actuellement au grand public, abolir les préjugés et permettre une véritable intégration sociale.

Le Festival du Futur Composé nous prouve que le handicap ne doit plus se résumer à « vivre les uns à côté des autres » mais « vivres ensembles ».

Il est fondamental que le Festival du Futur Composé soit soutenu (financièrement, médiatiquement…) afin que le travail exceptionnel et les valeurs qu’il symbolise perdurent dans le temps !  Châtenay-Malabry le 26 septembre 2014- Myriam Daoudal

TÉMOIGNAGE D’UN ARTISTE CIRCASSIEN QUI A PROPOSÉ UN ATELIER AÉRIEN A DES JEUNES ET LEURS ÉDUCATEURS TOUT AU LONG DE L’ANNÉE POUR LA PRÉPARATION DU SPECTACLE BLANCHE NEIGE

Je suis comédienne de théâtre, acrobate aérienne professionnelle (sur trapèze fixe et tissus aériens), assistante mise en scène et formatrice, depuis de nombreuses années.

J’ai été contactée par l’association le Futur Composé en septembre 2013.

Gilles Roland-Manuel, le président de l’association et Juliette Nonn, la coordinatrice des projets m’ont proposé de travailler avec eux dans le cadre du Festival Autisme et Culture 2014.

Deux spectacles ont été créés :

– « Le mirage des forains », mis en scène par Johanna Boyé, parcours spectaculaire ‘étrange et merveilleux’, qui s’est joué à l’Académie Fratellini. De nombreux jeunes autistes et artistes ont participé à cette aventure (j’ai moi-même joué dans ce spectacle sur mon tissu aérien).

– « Blanche Neige », de Gilles Roland-Manuel. Le conte des frères Grimm revisité, mêlant le chant, la danse, le cirque, le théâtre s’est joué au Théâtre Le Monfort à Paris du 24 au 29 juin 2014 .

L’équipe du Futur Composé souhaitait avoir de l’acrobatie aérienne dans le spectacle et m’a confié cette partie de la création.

Ce spectacle qui a réuni 40 artistes, autistes ou pas, était mis en scène par Olivier Couder, directeur artistique du Théâtre du Cristal.

Pour arriver à réaliser des projets d’une telle ampleur et d’une telle profondeur, il faut de la passion, de la ténacité, un brin de folie, et surtout du temps !

C’est pourquoi, en ce qui me concerne, le travail a commencé dès le mois d’octobre 2013.

J’avais pour « mission » de former un groupe de jeunes personnes autistes et jeunes présentant des troubles envahissants du développement, à l’acrobatie aérienne et de construire avec eux une chorégraphie qui pourrait s’insérer dans le spectacle.

Nous sommes tombés d’accord pour faire travailler un petit groupe de 10 personnes.

Ils et elles étaient pour la plupart accompagnés de leurs encadrants (très investis dans le projet et d’une présence attentive et sensible).

Nous avons eu des ateliers réguliers, pour découvrir l’agrès, apprivoiser la technique, acquérir force, souplesse et motricité, développer l’imaginaire, puis au mois de juin, nous avons entamé les répétitions proprement dites de la chorégraphie aérienne.

J’ai proposé comme support les « hamacs aériens », pour plusieurs raisons.

L’approche de cet agrès est plus facile pour des personnes qui débutent totalement ; le hamac est accroché en un point et représente une forme de cocon. De par sa forme et l’espace qu’il propose il est enveloppant, peut être à la fois rassurant et ludique.

Je savais aussi, pour l’avoir pratiqué dans des créations antérieures avec ma compagnie, que visuellement cela est très puissant.

Mes retours immédiats ont été de constater que les personnes étaient en majorité très réceptives à cette pratique ; il y a un aspect joueur et excitant d’être « en l’air », un aspect gratifiant et valorisant d’arriver à faire des figures (aussi simples soient-elles), un aspect créatif et probablement un aspect thérapeutique.

Concernant ce dernier aspect, je me garderais de faire des commentaires personnels, n’étant moi-même ni soignante, ni éducatrice, ni thérapeute.

Je suis artiste et j’entends garder cette place car cela aussi participe du succès de l’entreprise : en effet, je m’attache à développer une technique, un art, une sensibilité grâce aux mouvements très particuliers que propose l’agrès et la dimension théâtrale et poétique que ça provoque.

L’enjeu est de placer les personnes dans une démarche de création et, en les considérant avant tout comme des acrobates-danseurs et des acteurs, de leur proposer un processus artistique qui se fait dans un échange et une recherche commune.

Le fait que nous fassions un spectacle tous ensemble, que nous soyons des collègues, artistes autistes ou pas, (ré)unis le temps des répétitions et du spectacle est très important.

C’est ce lien tissé ensemble qui fait que nous pouvons avancer, eux et nous.

Gilles Roland-Manuel dit que la question n’est pas de « tolérer la différence », mais de « tolérer la similitude », autrement dit accepter que nous avons beaucoup en commun. Je trouve cela très simple et très sain et je l’ai vécu comme tel.

Cette expérience avec le Futur Composé a été pour moi une véritable aventure artistique et humaine.

C’est la première fois que je travaillais avec des personnes autistes et tout s’est fait de manière très simple, presque évidente et très professionnelle. Bien sûr cela tient beaucoup à l’encadrement et l’organisation de toute l’équipe du Futur Composé.

J’ai été souvent très admirative de la manière dont ils travaillent : attentifs, efficaces, très réactifs aux imprévus qui surviennent toujours en répétitions, et tout cela avec une réelle bienveillance, un intérêt vrai pour les personnes.

Ceci est très appréciable et assez extraordinaire de pouvoir réunir tout ces ingrédients sur une durée somme toute assez longue et dans des conditions pas toujours faciles ; de plus leur budget n’est pas élevé et ils comptent aussi beaucoup sur l’investissement personnel des artistes et de tous les bénévoles.

Cette expérience en plus d’être enrichissante, revigorante et excitante, m’a très certainement inspiré sur ma création personnelle à venir.

J’ai beaucoup appris : des jeunes, de leur façon d’aborder les choses, d’être entiers et au présent (ce que recherchent tous les acteurs du monde!), j’ai même reçu quelques leçons de théâtre de leur part ; des encadrants qui ont des manières de travailler très différentes des nôtres et pourtant l’entente et le respect mutuels étaient constamment présents.

Toutes ces personnes, ainsi que les directeurs des nombreuses institutions ont énormément donné , de leur énergie, de leur temps, de leur conviction…

Je souhaite continuer dans cette recherche et j’espère que ma collaboration avec le Futur Composé se renouvellera : en effet, dans ce parcours effectué, nous avons tracé des chemins qui méritent vraiment d’être creusés, nous avons ouvert des portes qui donnent accès à des champs de création immenses et il y a encore beaucoup à faire et à découvrir ensemble. Seiline Vallée – Artiste professionnelles – 13 septembre 2014 / www.decalages.eu

 

TÉMOIGNAGE D’UNE DIRECTRICE D’IME

Depuis l’ouverture de l’IME (en 2006) et cette année encore (2014), l’IME a participé au Festival du Futur Composé. Pour nous, cette participation est composite : toujours au travers des animations, souvent au travers d’exposition de productions artistiques relevant de thématiques collectives (en lien avec l’association Zig-Zag-Color) et parfois par un travail scénique.

Ceci découle étroitement d’expériences croisées : celle du savoir-faire des équipes professionnelles, et celle du regard acéré de notre intervenant plasticien (Olivier PREMOLI) : tous veillent avec une grande vigilance à la protection et au respect du travail produit par nos jeunes autistes, si profanes devant les œuvres et l’art en général. Des jeunes si extrêmes qui ne font pas forcément le chemin jusqu’à nous et nécessitent qu’on se déplace autour d’eux comme autour d’une sculpture ou, en termes plus crus, des jeunes dont les troubles relationnels, affectifs et intellectuels sont tellement prégnants qu’on ne peut, ni même faire mine, de les ignorer. Pour eux, la sanction du regard sur ce qui est beau ou ″sur le faire beau″ leur est complètement étrangère.

Chaque fois, les équipes ont répondu avec un enthousiasme bouillonnant et une créativité prodigieuse aux propositions du Futur Composé.

Chaque fois, l’IME s’est adapté à la logistique complexe engendrée par la recherche d’une qualité d’excellence par les artistes professionnels et les membres organisateurs du Futur Composé d’une part, et d’autre part, par le nombre de plus en plus élevé d’institutions partenaires.

Directrice et Chef de service éducatif veillent à ce que cette fiévreuse effervescence ne s’émousse pas, insidieusement grignotée par le quotidien.

Rude épreuve ! Dans un contexte de plus en plus contraint financièrement, de multiplication de normes et de règles, il faut constamment jongler avec le pilotage des risques, observer des points de vigilance sur les aménagements structurels inévitables (changement d’emploi du temps, de planning pour les équipes d’internat, prévision des heures supplémentaires (mais pas trop), des heures de dimanche, de la longueur des trajets pour les jeunes, et du prix du carburant…), anticiper les imprévus (arrêts maladie, incompréhension des équipes et/ou des familles…), gérer les crises des jeunes perturbés par les changements introduits dans leur quotidien ou la fatigue engendrée par les travail de répétitions.

C’est là que le bréviaire drolatique et ordinaire, commun à celles et ceux qui dirigent un établissement s’illustre dans toute sa splendeur : organiser, planifier, définir, suggérer, susciter, négocier déléguer, motiver, fédérer, analyser, référer, etc.

Un parent d’origine gabonaise dit souvent que « seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin « . J’y ajouterai qu’on y va surtout pour atteindre un espace où culture et humanité se réalisent, peut-être en dehors de ce que tout un chacun voudrait ou désirerait, le désorientant, le stupéfiant et le surprenant de façon successive, mais faisant prendre conscience à tout un chacun du souffle et de la vie de ceux à qui les mots font souvent défaut. Dominique DUFOUR, Directrice IME GOGNACQ-JAY

Des professionnels engagés aux cotés des artistes atypiques

Olivier Couder, directeur artistique du Théâtre du Cristal

« Certains lieux, certains événements sont indispensables. Le festival du Futur Composé en fait partie. Depuis dix ans, il se produit un profond bouillonnement culturel occasionné par des autistes et autres personnes en situation de handicap qui se sont emparés du spectacle vivant et ont commencé à créer comme ils l’entendaient. Gilles Roland-Manuel et les membres du festival du Futur Composé font partie de ces quelques pionniers qui ont su mettre à disposition de ces nouveaux créateurs un lieu d’expression et de diffusion, des moyens de se développer et de se rencontrer, d’aider les évolutions vers le professionnalisme ou vers un travail amateur de qualité. Ils ont su repérer ce mouvement lorsqu’il était encore en train de germer et l’ont accompagné, facilitant la diffusion des œuvres, mettant les artistes de tout bord en contact, handicapés ou non handicapés. Ce travail de brassage et de mise en lumière reste plus que jamais nécessaire, tant notre société aime rapidement poser des étiquettes, cloisonner des  catégories et détourner les yeux de ceux que l’on voudrait croire handicapés « en tout et pour tout », compétences artistiques comprises. Le festival du Futur composé est un bel exemple et un beau démenti de ces préjugés, donnant à voir une multitude d’artistes qui démontrent que l’art ne se décrète pas et qu’il apparaît souvent là où on l’attendait le moins… pour notre plus grand bonheur ! »

Catherine Boni, artiste lyrique, responsable de l’atelier chant / Alternance 92

Je suis artiste lyrique et depuis quelques années, je vis une aventure exceptionnelle avec les jeunes adolescents autistes et psychotiques de l’IME Alternance à Bourg-la-Reine et son équipe éducative. Je suis arrivée là, par le simple hasard de la vie… « J’ai vu de la lumière, je suis entrée… et depuis je suis restée….dans cette lumière…» Un « atelier chant bouillonnant de projets » a émergé de cette rencontre. Au travers du chant, de la mélodie et des mots, du souffle et de l’expression vocale, nous vivons de grandes émotions au sein de l’atelier qui offre aux jeunes une large palette d’expressions et de possibilités de communication. En mettant en relation et en  juste équilibre l’exigence technique et l’expressivité, cet atelier ouvre des chemins vers la création artistique. Par ailleurs, l’ouverture vers des prestations publiques que l’institution propose avec l’association Demi-pause, donne la possibilité à ces jeunes et à leurs éducateurs de vivre ensemble, sur scène, de forts moments d’émotion artistique partagés avec des professionnels invités dans des lieux artistiques encadrés de techniciens du spectacles. Cette confrontation avec un public est toujours source d’un immense plaisir de toutes parts apportant aux jeunes reconnaissance, épanouissement et bonheur, aux artistes un enrichissement fondamental et au public une étonnante découverte des possibilités expressives et communicatives de ces jeunes gens autistes. Une chose est certaine : je ne chante plus de la même façon dans mon activité d’artiste lyrique depuis que je vis cet échange étonnant qui a réellement enrichi mon chemin de vie.

Ils ont participé au festival du futur composé

Marc Lavoine et ses amis (Elie Chouraqui, Dave…), Tryo, La Rue Kétanou, Howard Buten et son Buffo, Hippolyte Girardot, Corine (ex téléphone) avec la visite surprise de Louis Bertignac, Margerin, Asnour Soul Painting Performance, Christophe Ruggia (réalisateur des « diables »), K2R riddim, Shirley et Dino, Tilly, Natacha Amal, Papa Wemba, Ceux qui marchent debout, Baobab, Sandrine Bonnaire, Michael Lonsdale, Denis Colin, Julia Kristeva, S. Tomkiewicz, Laurent Petitgirard, Yvan le Bolloc’h, Fantasio, Miqueu Montanaro, Grand Corps Malade, François Laudet, Sergent Garcia, Fabian Richard, Rémi De Vos, Origines Contrôlées, S Petit Nico, Rouda, Ami Karim, Anne-Sophie Lapix, Hervé Di Rosa, Régis Santon, Christophe Dominici, Vinciane Régattieri et sa compagnie Casalibus, Robert Castel,  Olivier Tchang-Tchong, Laurent Barboux, Tristan Petitgirard, Natalie Dessay et Laurent Naouri…

Partenaires culturels – ils nous ont accueillis

Inauguration de tous les festivals dans les Salons de l’Hôtel de Ville de Paris.

Cabaret Sauvage, Théâtre du Lucernaire, Théâtre du Renard, Théâtre Confluences, Espace Comedia, Théâtre de Paris, L’Européen, Péniche El Alamein, Lavoir Moderne, Casino de Paris, Siège du PCF, Mairie du 19e, le Sénat, Espace Reuilly Diderot, Insep de Vincennes, Centre international de séjour de Paris, Auditorium Maurice Ravel à Montreuil, Conservatoire de Montreuil, Conservatoire de Bourg la Reine, Conservatoire de Savigny sur Orge, Galerie Crous – Beaux Arts, le Sel, le Grand Parquet, Théâtre Silvia Monfort, Divan du Monde, la Scène Bastille, Salle Jean Dame, Studio de l’Ermitage, Théâtre du Pavillon, Petit Journal Montparnasse, Lilas en scène, Parc et Jardins de Paris Section du XVe arrondissement Parc Georges Brassens, Marché du Livre ancien, La péniche Cinéma, Espace Paris Plaine, Institut Culturel Italien, Les jardins de la Région Ile de France, Théâtre des Variétés, Carreau du Temple…

Les Partenaires politiques, presses et mécenats

Le Festival du Futur Composé n’aurait pas pu maintenir le niveau d’exigence de ses manifestations sans une aide de l’état, des collectivités territoriales, de généreux mécènes et de personnalités politiques. Nous leur témoignons, ici, notre vive reconnaissance.

L’Elysée, Matignon, Ministères de la Culture, de la Santé, de la Solidarité, de l’Education nationale, Sénat, Junta de Andalucia, DRAC, DASS, Mairie de Paris, Région Ile de France, Mairie du 15ème et du 19ème de Paris, Mairie de Bourg-la-Reine, Fondation France Telecom, France Telecom Paris, Fondation de France, Fondation Réunica Prévoyance, Fondation Axa à tout cœur, Fondation Axelle, Sacem, RATP, BFCC, Société Générale talents et Partage, Caisse d’Epargne, Dexia, Suez environnement, Eurogroup, Rencontres Urbaines de la Villette, Seigneurie, MESH, Crous Beaux-Arts, Alter Eco, Télérama, Prix Femina, les amis d’Arthur, Fondation Orange, Libération, Vivre FM, A nous Paris, la FNAC…

Partenaires pour le festival 2012 / Associations et Institutions

Couleur K’ Fête favorise l’insertion et la socialisation de jeunes gens autistes à travers les actions de la cafeteria de l’HDJ d’Antony, notamment grâce à des médiations artistiques et culturelles. / Krystel Muller : 01 46 66 80 95

Théâtre du Cristal crée et diffuse des spectacles d’auteurs contemporains comme Beckett, Calaferte ou Duriff… Troupe permanente, en partenarial avec l’E.S.A.T La Montagne. Sa singularité montre qu’il est possible de mener à bien une démarche artistique de qualité avec des personnes en situation de handicap. / Olivier Couder : 01 34 70 44 66 Site : www.theatreducristal.com/

Trampoline Caméra est un creuset d’initiatives et d’événements musicaux. De l’association est né le groupe Percujam qui réside actuellement au Fam Alternote. / Laurent Milhem : 01 46 11 40 62 Ainsi que La chorale d’AL qui est orchestrée par Catherine Boni, chanteuse lyrique. Ateliers hebdomadaires se déroulant à Alternance 92. / Stéphan Durand : 01 46 65 37 33 // Présidente de Trampoline Caméra : Catherine Allier 06 07 03 44 87 / Site : www.myspace.com/percujam

Zig Zag Color fédère des ateliers de peintures dans une trentaine d’institutions accueillant de jeunes gens autistes ou ayant des troubles apparentés. L’association organise des expositions et manifestations d’art plastique. / Caroline Kojnok : 01 46 66 80 95

APEI Sèvres Chaville ville d’Avray, le Cédre Bleu : 92370 CHAVILLE Sylvie Brylinski : 01 41 15 81 90

Centre Françoise Grémy : 75015 PARIS Moïse Assouline : 01 48 28 43 33

CPJ CENT PSYCHOTHERAPIQUE JOUR : 92260 FONTENAY AUX ROSES / Isabelle Levery 01 46 61 28 05

F.A.M. Alternat / Alternote : 92160 ANTONY / Michel Pinville : 01 46 11 40 60

F.A.M. Des Bons Plants : A.P.A.J.H-R 93100 MONTREUIL Geneviève Bidan: 01 42 87 01 41

Foyer Jeanne d’Arc : 91270 VIGNEUX-SUR-SEINE / Sandrine Brenner : 01 69 40 56 56

HDJ Antony : 92160 ANTONY / Moïse Assouline: 01 46 66 80 95

HDJ Chevilly- Larue : 94550 CHEVILLY-LARUE / Mélanie Ferreri : 01 46 86 85 76

I.M.E Adam Shelton : 93200 SAINT-DENIS / Marc Devys : 01 48 13 74 80

I.M.E Alternance 75 : 75019 PARIS / Corinne Ben Samoun : 01 40 40 95 80

I.M.E Alternance 92 : 92340 BOURG-LA-REINE / Stéphan Durand: 01 46 65 37 33

I.M.E Au Fil de l’Autre : 92000 NANTERRE / Pierre Arpino : 01 41 37 68 80

I.M.E Cognacq-Jay : 75015 PARIS / Dominique Dufour : 01 45 30 80 50

I.M.E Cour de Venise : Autisme 75 : 75003 PARIS / Laurence Melloul Piou : 01 44 54 20 54

I.M.E Jean Richepin : 93160 NOISY LE GRAND / Jacky Jurion : 01 43 03 31 08

I.M.E Jeune Appedia : 92290 CHATENAY-MALABRY / Laurence Genet : 01 41 87 08 84

I.M.E La Chamade : 95221 HERBLAY Cedex / Olivier Colleoni: 01 39 31 68 30

I.M.E Notre Ecole : 75015 PARIS / Christine Neplaz :01 44 10 20 11

SISS Appedia : 92290 CHATENAY-MALABRY / Gilles Muller : 01 46 31 34 36

E.S.A.T : Etablissement et service d’aide par le travail, I.M.E : Institut Médico Educatif, HDJ : Hôpital de Jour, APEI :Association de parents d’enfants inadapté, FAM : Foyer d’Accueil Médicalisé, IMPro : Institut Médico-Professionnel.